L’art de la joie

Un ancien bunker bien loin des plages de Normandie, lieu mémoriel assez unique dans notre Roussillon, simple espace rectangulaire recouvert de quelques tags : il a depuis peu été classé monument historique.

collage des Pritchard’s au Bunker, plage Nord, Torreilles.

C’est sous l’impulsion de la mairie de Torreilles que cet espace s’ouvre sur une deuxième vie en donnant l’occasion d’expositions éphémères. C’est sur cette plage Nord que l’on retrouve l’exposition des Pritchard’s qui ont investi cet endroit atypique sans se départir de l’esprit qui les caractérise. C’est donc dans cet espace confiné qu’ils ont placé leur univers coloré et décalé.

On retrouve un esprit brocante qui colle bien à l’époque ainsi que l’esprit malicieux de ce couple d’artistes. Évidemment, , les statues d‘Eric, souvent incarnations féminines bien en chair, trônent en bonne place sur des mallettes, un globe se transforme en bombe, le postérieur d’une pin-up devient une cible. Ainsi, c’est de mélange dont il est question afin que le visiteur laisse ses craintes claustrophobes derrière lui et laisse aller son imaginaire dans ce bric-à-brac nostalgique.
Quant à Sabine, elle s’est attachée à élaborée des sortes de boîtes à secret : à partir d’anciennes casses d’imprimerie, elle invente autant d’histoires avec des univers et des codes couleurs facilement identifiables. Les lettres sont en bonne place autour d’expressions proverbiales : « c’est pas la mer à boire », « à la guerre comme à la guerre »…


Et là, l’inventaire peut débuter car dans chaque case se niche tout un monde en miniature : poissonnière, phare, coquillages, sirène, cabines de plage laissant entrevoir des corps féminins dénudés…et nous voilà à Trouville, ambiance légère des bords de mer…bien loin du rouge des maisons closes ou du kaki des chars. Entre les deux, épars et coïncidant dans la même boîte les blessés, l’exil sur les chemins, les barbelés mais aussi une blanche colombe …car c’est encore et toujours de liberté dont il s’agit avec les Pritchard’s.


Libération dans les cabarets et les clubs de jazz, les effeuillages coquins, les serrures ouvrant sur des femmes nues : monde coloré et joyeux où l’on se déhanche au son des cuivres.
Décliné à nouveau, lorsqu’il s’agit de se libérer du sempiternel « métro, boulot, dodo » pour emprunter en 2CV ou en camping-car la « Nationale » des vacances !
Déroutant encore et trônant en bonne place, un soldat la tête dans les mains, une lettre sur les genoux où l’on peut distinguer quelques phrases : « Mon chéri, j’attends de tes nouvelles… » Notre hôte nous apprend qu’il avait commencé le bonhomme en question avant même de savoir qu’il prendrait place dans l’exposition « au Bunker ». C’est de son père dont il s’agit, le soldat Kenneth Pritchard qui a participé au débarquement de Normandie à l’âge de 19 ans.
Ultime clin d’œil de la vie pour cette expo des Pritchard’s qui colle bien à ce lieu de tous les possibles.

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