Vilayleck’s kitchen

Que trouvons-nous dans la popote des frères Vilayleck ? Du jazz, me direz-vous. Oui, encore et toujours mais pas que. Car ce que David, qui opère à la guitare et Alfred, le plus jeune, qui se charge de la basse apportent, c’est un soupçon de « je ne sais quoi » qui donne à leur musique une saveur si particulière.Ce qui marque, tout d’abord, c’est l’ouverture de ces deux garçons et l’intelligence qu’ils ont à se laisser guider par les rencontres, les voyages, les échanges.


Tout débute, d’ailleurs, par une initiation, celle d’un père qui offre en cadeau une guitare à chacun de ses trois fils. Débute l’apprentissage du jeu à l’oreille et les références au blues et au rock. Ils jouent alors dans des groupes, principalement des reprises dans des foyers Léo Lagrange, David finira par garder la guitare alors que son frère optera pour la basse. C’est l’époque des premiers concerts avec Julien Rappin à la batterie, aujourd’hui membre du Electric Octopus Electra. C’est à cette période également que David opère un passage de l’acoustique à l’électrique, et toujours dans cette démarche de troc, échange un ampli contre des cours de guitare. Première rencontre d’importance, celle de Davy Kilembé qui conseillera aux garçons de s’inscrire à la classe de jazz de Serge Lazarevitch au Conservatoire de Perpignan.

« On ne connaissait rien au jazz », explique David.

Ils suivent et débutent une formation plus traditionnelle d’abord à Perpignan puis à Strasbourg. Univers académique où Alfred a choisi de transmettre à son tour puisqu’il est aujourd’hui professeur de jazz au Conservatoire de Montpellier. Autre choix important : Alfred est à la fois musicien et compositeur tout comme David. Son tempérament exigeant fait qu’il est de taille à gérer un collectif de neuf musiciens comme le collectif Koa qu’il a fondé toujours à Montpellier et avec lequel il a sorti trois albums, le quatrième étant en préparation autour du thème des musiques de l’Est, ou d’intégrer le trio belge Gratitude. Dans le cadre du festival de jazz Koa, qui accueille des masters class et des résidences d’artistes de renom ,européens ou américains, il a même ajouté une corde à son arc : celle du soundpainting, technique qui ouvre sur la pluridisciplinarité car elle permet grâce à un langage de signes de diriger des acteurs, des danseurs et des musiciens.


Ainsi, il est souvent question d’échange avec ces frères-là : que ce soit l’alliance du jazz et du rock, des musiques traditionnelles aux musiques actuelles. David va même jusqu’à une approche plus expérimentale fleurtant avec l’acousmatique et cherchant dans la pratique de l’impro quelque chose de plus organique. L’éclectisme de ses formations le prouve, David est ouvert à des styles aussi variés que la soul, le dub expérimental avec Koko Dub, vu récemment au Médiator de Perpignan en première partie de Toots and The Maytals, ou encore le hardjazz avec disqueuse de Rectus, dont le spectacle pyrotechnique a mis le feu au Brin du festival de la Pelouse, il y a peu. Mais c’est sans doute dans son projet solo Ayankoko que l’on comprendra mieux la richesse de son univers.


Finalement les frères Vilayleck s’accordent sur un point, leur mode d’inspiration qui passe par les voyages. S’imprégner d’autres cultures quelles soient orientales ou asiatiques leur apporte toujours beaucoup. Comme pour le projet Peemaï qui leur a permis un véritable retour aux sources. Le Laos et son blues traditionnel, le lam lao leur a permis de voir d’un regard neuf ce qu’il devait à leur éducation européenne et ce que pouvait leur apporté leurs racines. De cette démarche naîtra une expérience riche en rencontres, des concerts en Asie et un album sorti en 2018.

Cet été, vous les retrouverez cette fois-ci en trio au côté du batteur Philippe Gleize, qui lui aussi apprécie les mélanges notamment le jazz-core dans son groupe Band of Dogs, il viendra pour l’occasion de Paris nous offrir un subtil alliage de tempéraments lors des traditionnels lundis du 20/20 autour du jazz & du vin. Pour sûr une soirée à ne pas louper, ce lundi 12 août à la cave coopérative de Torreilles qui débutera par un autre trio, de guitares celui-ci, mené par Nicolas Lupovici.

https://www.facebook.com/events/346607786017285/

Comme David nous le rappelle : « Aucune soirée ne se ressemble au 20/20 et comme le jazz est une musique ouverte, loin du formatage habituel, il peut se passer plein de choses ».


La recette des frères Vilayleck : du partage, de l’énergie, de l’exigence et des compo mais aussi de l’impro ! Ajoutez une bonne dose de talent et vous obtenez un concert magique dont eux seuls ont le secret.

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